Le chou et la bergère

 

  • Enfin Monsieur Lacorne vous n’avez pas honte! Vous êtes en train de piétiner mes choux cultivés avec amour depuis si longtemps?
  • Excusez moi Madame Labergère je n’avais pas vu que vous étiez dans votre champs de choux, répondit l’homme sans même s’offusquer.
  • Mais enfin, si je n’avais pas été là cela n’aurait rien changé à l’affaire! Vous marchez sur mes choux et je doute que cela soit la première fois que vous vous permettez telle aventure.
  • Oui je passe souvent par ici, mais vos légumes ne sont jamais à vendre donc cela n’est pas grave. Ils ne servent qu’à nourrir vos moutons.
  • Et alors ils ont droit au meilleur mes moutons et pas à des feuilles de choux complètement défraichies par vos pieds tout sales et plein de boues à force d’emprunter des chemins défoncés par des tracteurs de toutes sortes.
  • Je sais bien, mais je dois me rendre de l’autre côté du champs pour rentrer chez moi et votre parterre de choux se situe en plein milieu.
  • Bien, je vous propose d’en ressortir par les petites allées destinées à mes petits pieds pour arroser tranquillement mes cultures au soleil levant et parfois couchant. Je vous demanderais d’en faire le tour qu’il vous plaise ou non.

 

Voici que Monsieur Lacorne se mit en tête de persévérer dans son entreprise et de continuer à avancer sans écouter les sages paroles de Madame Labergère.

 

  • Mais vous vous moquez de moi! Comment vous dire autrement d’arrêter de froisser mes feuilles de choux qui ne veulent plus entendre vos bottes les martyriser de la sorte? Sortez de mon potager maintenant, sinon je vous transforme en mouton!

 

Le malotru irrespectueux se mit à rire sans chercher à savoir si son interlocutrice disait vrai au sujet de son pouvoir de transformation de l’homme en animal. Mais il avait tort d’ainsi se moquer d’une femme pourtant très sage et prompt à donner un de ses choux à celui qui manquerait d’argent pour se préparer un repas digne de ce nom.

Madame Labergère sorti de sa poche une baguette magique en forme de lévrier afghan. Il ressemblait à un plumeau en attente de sa coupe de cheveux estivale. Des filaments lumineux tombaient de tous les côtés de ce bâton de sureau, bien étrange également pour quelqu’un d’apparence aussi normale que cette brave dame.

 

  • Mais qu’et ce que cela madame, vous conter m’épousseter la tête alors que je n’ai même plus de cheveux, cela me semble bien original pour me tondre comme un mouton?
  • Ne soyez pas arrogant en plus, cela ne fait qu’aggraver votre cas! Répondit-elle beaucoup plus sérieuse qu’à l’accoutumé lorsqu’elle menaçait les enfants chenapans de les transformer en petit chien de bonne famille.

 

Voici que le tonnerre se mit à gronder au loin et Monsieur Lacorne prit peur au point de se réfugier dans le champs de patate voisin. Il était protégé par un vieux chêne qui ombrageait les tubercules  du soleil caniculaire si bénéfique pour les feuilles de choux en général.

 

  • Vous avez aussi peur que cela de mon plumeau magique? Hurla de rire madame Labergère. Vous savez l’orage menace depuis plusieurs mois et c’est seulement maintenant que vous venez d’apercevoir l’éclair qui annonce la pluie diluvienne du printemps à venir. Et cela  pour les jardiniers sans tête et à l’agonie de leurs champs sans bonnes graines à semer.
  • Mais vous racontez n’importe quoi, la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit et je suis sûr que votre baguette magique n’a rien à voir avec un phénomène naturel comme cet orage sommes doute anodin. J’ai l’habitude de toujours me protéger grâce au  paratonnerre offert par mon père Monsieur J-M Lacorne. Il m’a appris comment l’ouvrir et surtout à ne pas le refermer avant que la pluie ait complètement envahie tous les prés et les prairie destinés aux moutons.
  • Eh bien c’est du propre! Voilà que vous avouez avoir abandonné les pauvres bêtes à la noyade sur un champs pourtant aussi vert que la vie rêvée des grands films américains. Je suis effondrée par autant d’âneries à entendre. Tenez je crois que je suis bien décidée à vous faire vivre le sort des petits moutons bien sage qu’il faut tondre de temps en temps, mais avec amour et bonne santé à la clef. Vous verrez: si vous tombez dans le bon troupeau tout ira bien, sinon ma foi je suis désolée mais le sort aura décidé de vous jeter dans une famille pas bien sympathique avec les siens.

 

Madame Labergère tendit son plumeau extraordinaire et le fit virevolter au dessus de sa tête. Un magnifique nuage de fumée noir et pourpre s’en échappa pour se diriger vers Monsieur Lacorne qui n’en croyait pas ses yeux. Ses jambes tremblait tel un mouton face à l’orage de grêle qui allait le métamorphoser en être de laine abject, car jamais tondu pour ne pas être en faillite à la fin du mois. Mais en échange il ne recevrait rien d’autre qu’une caresse de temps en temps du petit garnement de bonne famille. En effet ce dernier comprit que le chien n’était en rien l’obligé du maitre, si celui-ci ne lui donnait plus que des remontrances en échange de son amour.

Ainsi Monsieur Lacorne finit sa vie entre la roche poreuse du mont des alouettes voisins et la petite ferme de notre bergère qui veillait ardemment au grain. Eh oui c’est elle qui gardait les deux troupeaux: ceux de la belle prairie verdoyante et ceux du mauvais terrain sans herbe fraîche à planter ou voir pousser.

Elle était la bergère des feuilles de chou, celle qui n’aime pas que les oreilles de ses belles plantes se fassent piétiner par un inopportun, qui voudrait les faire plier à jamais sous ses pieds de l’infortune à la vie et au soleil resplendissant pourtant de ce matin là.

Voilà comment s’achève cette histoire, avec un chenapan converti à l’amour de sa famille pour ne plus la décevoir d’être enfin en paix avec son petit tour de main en matière de bêtises infantiles et un autre chenapan beaucoup plus abject, lorsque la fierté de n’être qu’un parasite à la vie le transforme lui aussi en animal. Ce mouton dont le seul objectif et de ne jamais avoir peur du loup qui viendrait à rôder pourtant les nuits, en lui enlevant la seule chose qui lui tient à coeur: notre fameuse bergère.

Elle assure l’équilibre de son troupeau en sortant toujours les plus valeureux pour les mettre sur le champs de l’espoir et les plus inutiles et méchant pour les ranger dans la grotte du désespoir à la vie. On l’appelait Emma Madame Labergère,  car sa vie aura toujours été d’assurer l’équilibre de son chemin à elle aussi en classant dans son âme ce qui lui appartenait et ce qui ne lui appartiendrait jamais. Et ce Monsieur Lacorne en avait fait les frais, car jamais elle ne serait voyou au point de marcher sur le feuilles de choux de son voisin pour l’empêcher non seulement de manger a sa faim, mais également de comprendre le monde en lisant dans les lignes de ces navets parfois que deviennent les légumes de la folie ordinaire.

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