Le lapin gris d'Halloween
Il était une fois la jolie rivière d’argent qui amenait la pluie de l’automne et le sourire du printemps. Elle était habitée par de nombreux poissons qui divaguaient à leur vie d’eau douce. Et sur le rivage vivait un lapin gris, celui qui avait de longues dents et des yeux aussi rouges que la cerise qui orne le gâteau de fête.
Son air effrayant terrorisait les parents comme les enfants et son seul moment de liberté était la nuit d’Halloween. Ainsi, comme les poissons, il pouvait enfin nager avec tout le monde dans les rues glacées par les étranges visages de la peur habituelle cette nuit là.
Mais cette année il avait décidé de rester là bas, chez les hommes, pour expérimenter son impact sur leur quotidien.
Il réussit du premier coup à faire fuir un chasseur de lapin dans les forêts profondes de notre enfance. Celles qui dans les contes pointaient le loup comme le plus à même pour effrayer les petites fillettes.
Mais là un lapin réussit à horrifier une population de 10 000 habitants, qui maintenant se terrait dans ses appartements, épouvantée de le croiser sur leur route.
Et soudain Halloween devint le silence à son retour l’année d’après. Fini les rires de joie des enfants, devant la porte décorée de mil et unes citrouilles de toutes les teintes orangées.
Notre lapin gris avait détruit l’humanité rien qu’en lui faisant peur en permanence, au point d’en oublier le bonheur de la fête des bonbons et des masques bricolés de la main qui guérit le coeur.
Car oui cette fête est destinée à effrayer, mais peut être pour une bonne raison: celle de ne plus avoir peur tout le reste de l’année.
Et le lapin gris comprit enfin pourquoi il devait retourner au près de sa rivière, dans son terrier de la solitude. Il était devenu le plus important des monstres, lorsque chaque automne il permettait à l’humanité de retrouver la paix du lendemain, de ce jour du n’importe quoi pour beaucoup d’entre vous. Mais cette fête si décriée par les uns, est pourtant si utile pour exorciser de son sort de gourmandise les peurs que nous portons tout le reste de l’année.