Guerre, Paix et Tempérance
Il était une fois la paix qui se transforma en guerre et vice versa, lorsque le chemin de l’amour se métamorphose en petit sarabande pour le curieux.
En effet la paix se demandait bien ce que pouvait faire la guerre toute la journée, à se bagarrer ainsi pour retrouver un bout de terrain ou une ville complètement dévastée par les famines et les bombardements incessant d’artillerie lourde.
Et ce qu’elle compris l’interloqua. Elle constata que la guerre souffrait autant qu’elle, n’aspirant uniquement qu’à la fin des combats. Cependant aucun camps ne voulait jamais céder, sauf le plus petit des soldats, qui renonça à se battre pour rejoindre la Paix alors que cette dernière ne voulait rien entendre:
Elle voulait que tout soit parfait: qu’il n’ait tué personne et surtout que ses armes soient rangées au fond du placard de l’oubli. Pourtant le soldat n’avait rien demandé à personne et encore moins une leçon de morale pour bien se départir de la guerre.
C’est également à cet instant là que la Guerre compris que la Paix était aussi redoutable que lui. Sans pitié pour les joyeux lurons qui évitent les combats pour ne pas se salir les mains ou tout simplement éviter de mourir. Ce qui est néanmoins fort compréhensible pour tous les généraux intelligent de ce monde. La Paix était plus rude que les combats entre les miséreux et les chaotiques armées d’appelés.
Elle voulait avoir la certitude d’une armistice parfaite entre les belligérants. Mais le commun des mortels n’aspire pas à une Guerre et une Paix de cet acabit. Il désire pouvoir vivre sans avoir à se battre constamment avec et pour la vie.
Heureusement Mme la Tempérance arriva avec son petit cahier d’exercice. Et ce matin d’automne fut le jour de la rentrée des classes pour la Paix et la Guerre . Le cours allait porter sur la cohabitation sincère qui remplace la pensée obtus et sans concession.
Elle demanda à ses deux élèves de résoudre un problème mathématique basé sur la réflexion du soleil qui n’entre jamais en collision avec la lune, l’un laissant toujours l’autre finir son cycle.
Guerre est Paix furent très studieux , toujours près à faire régner la vérité si chère à leur univers, mais ils n’avaient aucune réponse à apporter à leur professeur du jour.
Mme la Tempérance leur apporta une autre vision du monde. Elle leur expliqua que la terre, ce lieu où les habitant tentaient de vivre ensemble et parfois sans l’autre, ne demandait qu’à respirer. Et cela sans se noyer dans la luxure du débat contradictoire et sans fin concernant la nature pacifique et guerrière de ses deux élèves.
« Il faut stopper votre intransigeance et vous ouvrir à la sagesse. Tout ne peut pas être totalement pas paix ou guerre. Des âmes s’entraident, cherchant à élever leurs enfants sans craindre le prochain bombardement d’ineptie à la télé et sur leur pays plus en voie de destruction que de développement.
Et pour l’instant seule la peur prend racine et non l’apaisement de ce monde.
Ainsi Guerre et paix je vous propose de résilier les contrats des conflits sans interêt, pour y mettre une peu de lumière avec l’aide de la lune et du soleil. Les deux astres vont éclairer une autre facette des vas t’en guerre pour les rendre aussi visibles que leur sourire d’apparat. Et il en est de même pour les aficionados de la paix. Ceux qui sous prétexte de vanter une morale qui leur est propre vont envoyer les autres au combat à leur place, en les culpabilisant pour leur débauche quotidienne de ne jamais voir le malheur partout.
Je vous confirme que la vie ce n’est pas cela. Elle demande simplement d’exister au quotidien et non dans l’irréelle bonne volonté du cinéma d’acteur ou du chansonnier, devenant têtes d’affiche d’une Guerre et d’une Paix qui sont complètement hors sol. »
Ce soir là Mme la Paix et M. la Guerre ont scellé le plus important des pactes. Ils laissèrent entrer Mme la Tempérance à la grande table des négociations pour panser les plaies et ouvrir la porte du plaisir au quotidien: le livre qui diverti, le repas qui apaise et les joies de retrouver le sourire n’importe où. Ils décidèrent enfin de mettre fin à tous les conflits
« Plait-il? », vint toquer à la porte de cette petite classe monsieur le rabat joie que fut toujours le démon en recherche de nouvelles victimes.
« Exactement! », lui répondit la Tempérance. « Car toi aussi tu dois t’assagir, pour laisser notre pauvre population de terrien reprendre enfin son souffle de vie. Et je ne veux aucune attaque surprise de ta part ou coup fourré de dernière minute. »
Ile démon parti s’assoir entre deux escaliers en attendant l’autorisation d’attraper le chenapan, pour lui tirer la queue et l’empêcher de faire encore des bêtises à l’infini.
Ainsi, conclut Mme la Tempérance, le monde repart de zéro à la prochaine pleine lune. En effet rien de mieux que l’automne poru faire tomber les feuilles mortes afin de nourrir de son humus le terreau de l’avenir.
Guerre et Paix remercièrent leur professeur puis se réconcilièrent sur l’avenir. Ils pouvaient enfin se reposer en paix, en attendant la prochaine sortie de route du petit chenapan envoyé par le diablotin jamais en manque d’idées. Mais ce ne sera pas avant des années de réussite, pour remettre sur pied tout ce petit monde qui n’a qu’une envie: tourner rond dans se battre pour la paix ou la guerre.